Astrolabe est une publication en ligne du Centre de Recherches sur les Littératures de Voyage (CRLV, domicilié à l'Université de Clermont Auvergne). Créée en 2005, cette revue accueille des comptes rendus de lecture et des articles de chercheurs jeunes ou confirmés. Elle collecte des textes inédits qui ont vocation à rendre compte de l'actualité de l'édition et des travaux consacrés au genre viatique. Elle constitue l'un des éléments de la politique de publication du CRLV, complémentaire de l'édition papier et de la revue électronique Viatica qui, de son côté, a pour objet l'exploration de nouveaux champs de la recherche dans le même domaine. En 2016, Astrolabe en est à sa quarante-huitième livraison. Les propositions d'articles sont adressées aux rédacteurs par le biais du site CRLV et via l'onglet « Contact ».

Astrolabe N° 32

L'invitation au voyage n'a pas de saison, et pourtant c'est l'été où aujourd'hui les guides de voyages sont les plus recherchés. Ces guides ne sont plus les guides d'autrefois, car le but du voyageur est souvent différent. Pour les voyageurs qui veulent se distinguer des touristes, fort est encore l'attrait pour les récits de voyage sur le pays qu'ils souhaitent découvrir et qu'ils utilisent, comme les voyageurs d'antan, en guise de guide. Certains se proposent encore de suivre les pas de voyageurs qui les ont précédés afin de découvrir un pays sous un aspect insolite. Sur ce même thème portait l'un des séminaires du crlv, il y a quelques années.
Dans ce même mouvement s'inscrirait le n° 9 de Gallica, de Juillet 2010 qui propose à ses lecteurs de partir en Italie sur les traces de voyageurs illustres...

Tania Manca

Astrolabe N° 31

La présence française et néerlandaise dans l'Atlantique entre le XVIe et le XVIIIe siècle fut très riche. La diaspora huguenote créa des colonies florissantes au Brésil et en Amérique du Nord, en influençant les sites, la géographie, les patronymes, la cuisine, etc. Quant à l'expansion néerlandaise, on en mesure déjà l'importance en considérant le rayon d'action qui comprenait, à l'époque, des villes comme New York, Boston et Recife. Marchands, soldats, pirates, corsaires, marins ou simples colons contribuèrent à l'expansion maritime et coloniale européenne : deux ouvrages récents, Les Huguenots et l'Atlantique et Les Pays-Bas et l'Atlantique comblent un vide dans l'histoire maritime et proposent une synthèse internationale sur les relations entre l'Europe et le monde atlantique.

Alessandra Grillo
Astrolabe N° 30

La littérature de voyage connait un succès ininterrompu depuis son origine. Elle a passé les siècles de l'oralité aux différentes formes d'écriture, de la diffusion sous forme d'imprimé au XVIIIe, XIXe et XXe siècles, à la presse, à la bande dessinée, jusqu'à conquérir le cinéma. Les ingrédients sont souvent les mêmes ; ce qui attire le plus c'est l'aventure, le dépaysement, le mouvement continu et envoutant des événements qui se succèdent, des gens qui se rencontrent, des paysages traversés. Né au moment où les récits de voyages devenaient aussi littérature pour la jeunesse, Alice au pays des merveilles, qui est passé maintes fois, du livre au dessin animé puis au cinéma, continue à connaître encore de nos jours un succès non démenti.

Tania Manca

Astrolabe N° 29

Après les solitudes de Longwood et des Kerguelen, Jean-Paul Kauffmann a choisi, pour sa dernière œuvre, une autre terre de désolation, de « désolation heureuse », la Courlande, région de Lettonie à l'identité faible. Parti sur les traces des anciens barons baltes, qui régnaient sur ces contrées, et de leurs châteaux et manoirs en ruine, Kauffmann découvre un pays à la recherche de son identité perdue, aux atmosphères floues, typiques des régions nordiques. Dans Courlande (Fayard, 2009), les mots deviennent mélancoliques et, tout comme dans ses ouvrages précédents, Kauffmann intègre son érudition dans son expérience de voyage, en amenant le lecteur dans le passé courlandais à travers des digressions historiques, entre la rudesse de l'occupation russe et la recherche triste et passionnée des traces des « malgré-nous » alsaciens, morts en Courlande pendant la deuxième guerre mondiale.

Alessandra Grillo

Astrolabe N° 28

L'histoire des voyages est profondément liée à la pratique de la nomination et, de façon plus spécifique, de la toponymie. Pour les sociétés anciennes le nom représentait l'essence même de l'entité nommée. En sanscrit, nom, nama signifie traduire ; l'importance du nom pour les latins est explicité par leur nomina sunt omnia. L'histoire de la toponymie évolue avec l'histoire des voyages et voit souvent un incroyable nombre de lieux être rebaptisés par les voyageurs, mandataires volontaires ou involontaires d'une colonisation aussi bien dans des pays hors de l'Europe qu' au sein de l'Europe même, pensons aux cas de la Finlande cartographiée par les Suédois, de l'Irlande par les anglais, et de tant d'autres territoires. La culture contemporaine semble reconnaitre l'importance historique et culturelle qui se cache derrière ces noms effacés, substitués, et essaye de retrouver cette mémoire perdue, voilée. Un certain nombre d'ouvrages littéraires du XXe siècle se font réceptacle de cette mémoire et de l'histoire qui l'entoure. Parmi ceux-ci nous souhaiterions citer Maps, écrit par Nuruddin Farah et Translations, par Brian Friel.

Tania Manca

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